La Nouvelle-Angoulême (1524-1610)
Giovanni da Verrazano.En 1524, le navigateur italien Giovanni da Verrazano, missionné par le roi de France François Ier, fut le premier Européen de la Renaissance à explorer le territoire de l'actuelle New York[14], qu'il baptisa Nouvelle-Angoulême, en l'honneur de son mécène.
Voici comment il rendit compte de sa découverte au souverain français :
« Nous trouvâmes un site très agréable situé entre deux petites collines qui le dominaient. Au milieu, une très grande rivière courait jusqu'à la mer. Son embouchure était profonde; à marée montante, nous y avons trouvé huit pieds, et n'importe quel navire à pleine charge remonterait jusqu'au fond de l'estuaire. Ayant mouillé près de la côte en lieu bien abrité, nous ne voulions pas nous aventurer dans cette embouchure sans l'avoir reconnue. Remontant la rivière avec le petit bateau, nous pénétrâmes dans le pays que nous trouvâmes fort peuplé. Les gens sont presque semblables aux autres, vêtus de plumes d'oiseaux de couleurs variées. Ils venaient à nous gaiement, en poussant de grands cris d'admiration et en nous montrant l'endroit le plus sûr pour aborder. Nous remontâmes cette rivière jusqu'à une demi-lieue à l'intérieur des terres, endroit où nous vîmes qu'elle formait un très beau lac d'environ trois lieues de tour. Sur le lac allaient et venaient sans cesse de tous côtés environ XXX petites barques montées par une foule de gens, passant des deux rives pour nous voir. Tout à coup, comme il est fréquent dans les navigations, un coup de vent contraire se leva de la mer et nous contraignit à regagner le bord. Nous quittions cette terre à regret, en raison de ses avantages et de sa beauté, songeant qu'elle n'était pas dépourvue de ressources appréciables, car toutes les hauteurs semblaient pourvues de minéraux. Cette terre fut appelée Angoulême, à cause de l'apanage que Votre Majesté reçut lorsqu'elle était en moindre fortune, et le golfe formé par cette terre, Sainte Marguerite, du nom de votre sœur, qui l'emporte sur les autres dames par sa discrétion et son esprit. »
— Extrait du Manuscrit Cèllere conservé à la bibliothèque John Pierpont Morgan de New York
Aujourd'hui, le nom du pont Verrazano-Narrows (en anglais Verrazano-Narrows Bridge), qui relie Brooklyn et Staten Island, rend hommage à cet aventurier.
La Nouvelle-Amsterdam et la Nouvelle-Néerlande (1609-1664)
Articles détaillés : Nouvelle-Amsterdam et Nouvelle-Néerlande.
Détail de la carte de Johannes Blaeu, Nova Belgica et Anglia Nova, Amsterdam, Blaeu, 1642.
Peter MinuitEn 1609, la Compagnie des Indes orientales engagea l'explorateur anglais Henry Hudson afin qu'il tentât de découvrir une nouvelle route maritime vers les Indes. Hudson explora la côte est des États-Unis dans l'espoir de trouver un passage vers l'Orient. Il entra notamment dans la baie de New York et remonta le fleuve qui porte aujourd'hui son nom jusqu'à Albany, avant de se rendre compte qu'il ne pourrait pas atteindre les Indes par ce chemin.
Si Hudson ne parvint pas à découvrir un passage vers les Indes, il contribua néanmoins à intéresser les Néerlandais à la région par le journal de bord et les nombreuses descriptions qu'il rapporta.
Le sud de Manhattan en 1660, à l'époque de la Nouvelle-Amsterdam.L’installation de colons européens débute en 1624 avec l'établissement de quelques familles en quatre points prédéterminés par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales de la colonie de la Nouvelle-Néerlande. La compagnie avait surtout l'intention de profiter de la traite des fourrures[15] et l'implantation des colons visait à rendre les prétentions néerlandaises au territoire effective. Les colons avaient ainsi été assignés à l'île de Nuten Eyland (Governors Island) alors que les agents de la compagnie entreprenaient de construire le Fort Amsterdam sur la pointe sud de Manhattan. Lorsqu'il fut jugé impraticable de soutenir quatre établissements avec une poignée de colons, ceux-ci furent rapatriés entre 1625 et 1626 au pourtour du nouveau fortin de bois et ainsi la « Nouvelle-Amsterdam » (Nieuw-Amsterdam) venait à naître[16]. L'année 1626 marque aussi le rachat de l'île de Manhattan aux Amérindiens par le nouveau directeur de la colonie Pierre Minuit, plus précisément au clan lenape des Manhattes[17] (ou Manates) du groupe Wappinger, pour l'équivalent de 60 florins néerlandais en verroterie et autres colifichets[18] (soit environs 700 € de valeur marchande actuelle[19] — et non pas 24 $[20]). Mais sachant que ces peuples n'avaient pas la notion de propriété foncière permanente, on peut s'interroger sur la portée du geste, ou son contexte.
Le 11 mai 1647, Pieter Stuyvesant fut nommé directeur-général de la colonie pour remplacer Willem Kieft, dont l'administration s'était attiré les foudres des colons depuis que les relations avec les autochtones avaient dégénéré en de violents affrontements durant les années 1640. Stuyvesant prôna une orthodoxie religieuse pour rétablir l'ordre dans sa colonie, en imposant des restrictions sur les mouvements et sur la consommation d'alcool, mais dans un climat très tendu, il n'obtint que la haine des habitants de sa colonie, alors que les Anglais devenaient de plus en plus pressants. En mars 1664, le roi Charles II d'Angleterre offrit virtuellement la totalité des Nouveaux-Pays-Bas à son frère, le Duc d'York. Les Anglais conquirent ainsi la colonie au cours de la même année, et un nouveau chapitre de l'histoire de la ville débuta, suite à l'échec des Néerlandais à retenir la colonie.
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