New York au cœur de la guerre d'indépendance (1776-1783)
New York représentait un enjeu majeur dans la guerre d'indépendance étant donné son importance pour le royaume britannique[22]. George Washington apporta ainsi son soutien à la ville dès 1776, notamment en y apportant la déclaration d'indépendance pour encourager ses hommes. Cependant, les troupes américaines, trop peu nombreuses face à celles de l'armée britannique dirigée par William Howe furent progressivement repoussées entre août et octobre, ce qui poussa Washington à se retirer le 16 octobre[22]. New York tomba ainsi aux mains des Britanniques, et ce durant la totalité du conflit, c'est-à-dire de 1776 à 1783. En effet, ce n'est que lors de la signature du traité de Paris, mettant fin au conflit le 3 septembre 1783 que l'indépendance de la ville fut acquise, en même temps que celle du pays. Washington retourna ainsi victorieux à New York le 4 décembre[22]. Ce même George Washington fut investi Président des États-Unis au Federal Hall en 1789, alors que New York était la capitale du pays
L'émergence de la ville (1783-1919)
Le port de New York en pleine activité en 1848.
Statue de la LibertéEn dépit de la perte de son rôle de capitale fédérale, et de capitale de l'État de New York[24], la ville de New York connut une croissance exponentielle entre 1790 et 1820, en voyant sa population passer de 33 000 à 123 706 habitants[25]. Elle devint ainsi la plus grande ville du pays. La ville fut également dynamisée par l'arrivée d'immigrés au début du XIXe siècle, ainsi que par l'application du Commissioners' Plan de 1811 qui définisait un système routier traversant la totalité de l'île de Manhattan. L'essor du New York Stock Exchange puis l'ouverture du canal Érié en 1819, sous le mandat de DeWitt Clinton affirma la domination du port de New York, et fit de la ville la première place commerciale des États-Unis. Le contexte favorable amena l'aristocratie et les riches marchands de la ville à exiger la construction d'un grand espace vert; c'est dans ce contexte que les travaux de construction de Central Park débutèrent en 1857.
Seule la Guerre de Sécession qui eut lieu entre 1861 et 1865 vint émailler la prospérité de la ville. Les habitants de la ville, pour la plupart des commerçants, ne désiraient pas se lancer dans le conflit, étant donné qu'ils entretenaient des relations commerciales avec les États confédérés d'Amérique[25]. Mais lorsque le président Abraham Lincoln instaura la première conscription pendant l'été 1863, les New-Yorkais réagirent dans la violence, durant les Draft Riots qui restèrent l'un des épisodes les plus violents dans l'histoire du pays, avec 105 civils tués[25].
L'essor de la ville reprit immédiatement après la fin de la guerre civile, en dépit de la mainmise du Tammany Hall sur les institutions politique de la ville. Le domaine des arts connut un véritable développement à la fin du XIXe siècle, avec la création du Metropolitan Museum of Art, du Carnegie Hall, ou encore du New York Botanical Garden. L'inauguration de la Statue de la Liberté en 1886 fit de New York un symbole de la liberté pour les millions d'immigrés en provenance d'Europe; en effet, sur 23 millions d'Européens arrivés aux États-Unis entre 1880 et 1919, 17 millions environ ont débarqué à New York, et la plupart y sont restés.[25].
L'apparition d'une ville mondiale (1919-2001)
Le XXe siècle marqua véritablement l'ascension de New York vers le rôle de ville mondiale, en ce sens que la ville devient un centre culturel, décisionnel et financier de premier plan. L'extraordinaire aventure architecturale débutée à la fin du XIXe siècle a posé la première pierre du développement de l'architecture moderne, avec notamment le début de l'ère des gratte-ciel, qui fleurissent aujourd'hui littéralement dans toutes les grandes villes américaines. Dans le domaine politique et économique, la domination de New York s'est manifestée avec la Bourse et l'essor de Wall Street, ainsi qu'avec les grandes entreprises financières basées dans la ville. L'obtention du siège de l'ONU en 1949 a également joué un rôle déterminant dans le développement de Big Apple.
Une ville qui incarne les vicissitudes du monde contemporain (depuis 2001)
Les tours du World Trade Center incendiées le 11 septembre 2001.L'histoire contemporaine de la ville a été marquée par les attentats du 11 septembre 2001. La destruction des tours jumelles du World Trade Center, ainsi que de nombreux bâtiments environnants, reste un épisode traumatisant pour les habitants de la ville.
À partir de 2007, la crise économique ne peut laisser la capitale mondiale de la finance indemne. Deux événements survenant au troisième trimestre 2008 symbolisent à eux seuls l'impact de la tempête financière sur la ville : la faillite de Lehman Brothers et le scandale Madoff.
Symboles et surnoms
Articles détaillés : Noms, abréviations des noms et surnoms de la ville de New York et Big Apple.
Le drapeau de New York porte les mêmes couleurs (sur des barres aux dimensions égales) que le drapeau des Provinces-Unies tel qu'il était utilisé en 1625, l'année où Manhattan fut colonisée. En son centre est reproduit, en bleu, le sceau de la ville. Sur ce dernier figurent plusieurs éléments symboliques: l'aigle représente l'État de New York. L'Amérindien évoque les premiers habitants de la région, tandis que le marin évoque les colons : leur évocation conjointe confère l'idée d'une union entre les deux peuples. Le castor fait référence à la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Le baril et la fleur font référence aux premiers temps de l'industrie new-yorkaise. Le moulin à vent est un rappel de l'histoire néerlandaise de New York. Quant à Eboracum, c'était le nom de la ville de York à l'époque romaine[26].
En reportage à la Nouvelle-Orléans, John J. Fitz Gerald[27] entendit les valets d'écurie appeler les champs de course de New York, « The Big Apple » (dans le sens the big apple = the biggest bet = le plus grand pari[28]). Le terme lui plut et il donna comme titre à sa chronique Around the Big Apple. Dix ans plus tard, de nombreux musiciens de jazz commencèrent à utiliser le terme de Big Apple pour désigner New York, et plus particulièrement le quartier de Harlem (à Manhattan), considéré comme la capitale mondiale du jazz. Ils disaient qu'il y avait beaucoup de pommes sur les arbres du succès, mais que, quand vous sélectionnez New York City, vous sélectionniez LA grosse pomme. En 1971, cette expression prit toute son ampleur grâce à Charles Gillett (Président du NY Convention and Visitors Bureau) qui lança une campagne publicitaire sur le thème de la Big Apple. Celle-ci fut relayée par l'agence BBH London qui lança cette expression en Angleterre. Depuis, cette expression est devenue courante. 35% des Anglais[29] affirment même qu'elle est typiquement anglaise et non d'origine américaine.
jeudi 1 avril 2010
New York!
La Nouvelle-Angoulême (1524-1610)
Giovanni da Verrazano.En 1524, le navigateur italien Giovanni da Verrazano, missionné par le roi de France François Ier, fut le premier Européen de la Renaissance à explorer le territoire de l'actuelle New York[14], qu'il baptisa Nouvelle-Angoulême, en l'honneur de son mécène.
Voici comment il rendit compte de sa découverte au souverain français :
« Nous trouvâmes un site très agréable situé entre deux petites collines qui le dominaient. Au milieu, une très grande rivière courait jusqu'à la mer. Son embouchure était profonde; à marée montante, nous y avons trouvé huit pieds, et n'importe quel navire à pleine charge remonterait jusqu'au fond de l'estuaire. Ayant mouillé près de la côte en lieu bien abrité, nous ne voulions pas nous aventurer dans cette embouchure sans l'avoir reconnue. Remontant la rivière avec le petit bateau, nous pénétrâmes dans le pays que nous trouvâmes fort peuplé. Les gens sont presque semblables aux autres, vêtus de plumes d'oiseaux de couleurs variées. Ils venaient à nous gaiement, en poussant de grands cris d'admiration et en nous montrant l'endroit le plus sûr pour aborder. Nous remontâmes cette rivière jusqu'à une demi-lieue à l'intérieur des terres, endroit où nous vîmes qu'elle formait un très beau lac d'environ trois lieues de tour. Sur le lac allaient et venaient sans cesse de tous côtés environ XXX petites barques montées par une foule de gens, passant des deux rives pour nous voir. Tout à coup, comme il est fréquent dans les navigations, un coup de vent contraire se leva de la mer et nous contraignit à regagner le bord. Nous quittions cette terre à regret, en raison de ses avantages et de sa beauté, songeant qu'elle n'était pas dépourvue de ressources appréciables, car toutes les hauteurs semblaient pourvues de minéraux. Cette terre fut appelée Angoulême, à cause de l'apanage que Votre Majesté reçut lorsqu'elle était en moindre fortune, et le golfe formé par cette terre, Sainte Marguerite, du nom de votre sœur, qui l'emporte sur les autres dames par sa discrétion et son esprit. »
— Extrait du Manuscrit Cèllere conservé à la bibliothèque John Pierpont Morgan de New York
Aujourd'hui, le nom du pont Verrazano-Narrows (en anglais Verrazano-Narrows Bridge), qui relie Brooklyn et Staten Island, rend hommage à cet aventurier.
La Nouvelle-Amsterdam et la Nouvelle-Néerlande (1609-1664)
Articles détaillés : Nouvelle-Amsterdam et Nouvelle-Néerlande.
Détail de la carte de Johannes Blaeu, Nova Belgica et Anglia Nova, Amsterdam, Blaeu, 1642.
Peter MinuitEn 1609, la Compagnie des Indes orientales engagea l'explorateur anglais Henry Hudson afin qu'il tentât de découvrir une nouvelle route maritime vers les Indes. Hudson explora la côte est des États-Unis dans l'espoir de trouver un passage vers l'Orient. Il entra notamment dans la baie de New York et remonta le fleuve qui porte aujourd'hui son nom jusqu'à Albany, avant de se rendre compte qu'il ne pourrait pas atteindre les Indes par ce chemin.
Si Hudson ne parvint pas à découvrir un passage vers les Indes, il contribua néanmoins à intéresser les Néerlandais à la région par le journal de bord et les nombreuses descriptions qu'il rapporta.
Le sud de Manhattan en 1660, à l'époque de la Nouvelle-Amsterdam.L’installation de colons européens débute en 1624 avec l'établissement de quelques familles en quatre points prédéterminés par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales de la colonie de la Nouvelle-Néerlande. La compagnie avait surtout l'intention de profiter de la traite des fourrures[15] et l'implantation des colons visait à rendre les prétentions néerlandaises au territoire effective. Les colons avaient ainsi été assignés à l'île de Nuten Eyland (Governors Island) alors que les agents de la compagnie entreprenaient de construire le Fort Amsterdam sur la pointe sud de Manhattan. Lorsqu'il fut jugé impraticable de soutenir quatre établissements avec une poignée de colons, ceux-ci furent rapatriés entre 1625 et 1626 au pourtour du nouveau fortin de bois et ainsi la « Nouvelle-Amsterdam » (Nieuw-Amsterdam) venait à naître[16]. L'année 1626 marque aussi le rachat de l'île de Manhattan aux Amérindiens par le nouveau directeur de la colonie Pierre Minuit, plus précisément au clan lenape des Manhattes[17] (ou Manates) du groupe Wappinger, pour l'équivalent de 60 florins néerlandais en verroterie et autres colifichets[18] (soit environs 700 € de valeur marchande actuelle[19] — et non pas 24 $[20]). Mais sachant que ces peuples n'avaient pas la notion de propriété foncière permanente, on peut s'interroger sur la portée du geste, ou son contexte.
Le 11 mai 1647, Pieter Stuyvesant fut nommé directeur-général de la colonie pour remplacer Willem Kieft, dont l'administration s'était attiré les foudres des colons depuis que les relations avec les autochtones avaient dégénéré en de violents affrontements durant les années 1640. Stuyvesant prôna une orthodoxie religieuse pour rétablir l'ordre dans sa colonie, en imposant des restrictions sur les mouvements et sur la consommation d'alcool, mais dans un climat très tendu, il n'obtint que la haine des habitants de sa colonie, alors que les Anglais devenaient de plus en plus pressants. En mars 1664, le roi Charles II d'Angleterre offrit virtuellement la totalité des Nouveaux-Pays-Bas à son frère, le Duc d'York. Les Anglais conquirent ainsi la colonie au cours de la même année, et un nouveau chapitre de l'histoire de la ville débuta, suite à l'échec des Néerlandais à retenir la colonie.
Giovanni da Verrazano.En 1524, le navigateur italien Giovanni da Verrazano, missionné par le roi de France François Ier, fut le premier Européen de la Renaissance à explorer le territoire de l'actuelle New York[14], qu'il baptisa Nouvelle-Angoulême, en l'honneur de son mécène.
Voici comment il rendit compte de sa découverte au souverain français :
« Nous trouvâmes un site très agréable situé entre deux petites collines qui le dominaient. Au milieu, une très grande rivière courait jusqu'à la mer. Son embouchure était profonde; à marée montante, nous y avons trouvé huit pieds, et n'importe quel navire à pleine charge remonterait jusqu'au fond de l'estuaire. Ayant mouillé près de la côte en lieu bien abrité, nous ne voulions pas nous aventurer dans cette embouchure sans l'avoir reconnue. Remontant la rivière avec le petit bateau, nous pénétrâmes dans le pays que nous trouvâmes fort peuplé. Les gens sont presque semblables aux autres, vêtus de plumes d'oiseaux de couleurs variées. Ils venaient à nous gaiement, en poussant de grands cris d'admiration et en nous montrant l'endroit le plus sûr pour aborder. Nous remontâmes cette rivière jusqu'à une demi-lieue à l'intérieur des terres, endroit où nous vîmes qu'elle formait un très beau lac d'environ trois lieues de tour. Sur le lac allaient et venaient sans cesse de tous côtés environ XXX petites barques montées par une foule de gens, passant des deux rives pour nous voir. Tout à coup, comme il est fréquent dans les navigations, un coup de vent contraire se leva de la mer et nous contraignit à regagner le bord. Nous quittions cette terre à regret, en raison de ses avantages et de sa beauté, songeant qu'elle n'était pas dépourvue de ressources appréciables, car toutes les hauteurs semblaient pourvues de minéraux. Cette terre fut appelée Angoulême, à cause de l'apanage que Votre Majesté reçut lorsqu'elle était en moindre fortune, et le golfe formé par cette terre, Sainte Marguerite, du nom de votre sœur, qui l'emporte sur les autres dames par sa discrétion et son esprit. »
— Extrait du Manuscrit Cèllere conservé à la bibliothèque John Pierpont Morgan de New York
Aujourd'hui, le nom du pont Verrazano-Narrows (en anglais Verrazano-Narrows Bridge), qui relie Brooklyn et Staten Island, rend hommage à cet aventurier.
La Nouvelle-Amsterdam et la Nouvelle-Néerlande (1609-1664)
Articles détaillés : Nouvelle-Amsterdam et Nouvelle-Néerlande.
Détail de la carte de Johannes Blaeu, Nova Belgica et Anglia Nova, Amsterdam, Blaeu, 1642.
Peter MinuitEn 1609, la Compagnie des Indes orientales engagea l'explorateur anglais Henry Hudson afin qu'il tentât de découvrir une nouvelle route maritime vers les Indes. Hudson explora la côte est des États-Unis dans l'espoir de trouver un passage vers l'Orient. Il entra notamment dans la baie de New York et remonta le fleuve qui porte aujourd'hui son nom jusqu'à Albany, avant de se rendre compte qu'il ne pourrait pas atteindre les Indes par ce chemin.
Si Hudson ne parvint pas à découvrir un passage vers les Indes, il contribua néanmoins à intéresser les Néerlandais à la région par le journal de bord et les nombreuses descriptions qu'il rapporta.
Le sud de Manhattan en 1660, à l'époque de la Nouvelle-Amsterdam.L’installation de colons européens débute en 1624 avec l'établissement de quelques familles en quatre points prédéterminés par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales de la colonie de la Nouvelle-Néerlande. La compagnie avait surtout l'intention de profiter de la traite des fourrures[15] et l'implantation des colons visait à rendre les prétentions néerlandaises au territoire effective. Les colons avaient ainsi été assignés à l'île de Nuten Eyland (Governors Island) alors que les agents de la compagnie entreprenaient de construire le Fort Amsterdam sur la pointe sud de Manhattan. Lorsqu'il fut jugé impraticable de soutenir quatre établissements avec une poignée de colons, ceux-ci furent rapatriés entre 1625 et 1626 au pourtour du nouveau fortin de bois et ainsi la « Nouvelle-Amsterdam » (Nieuw-Amsterdam) venait à naître[16]. L'année 1626 marque aussi le rachat de l'île de Manhattan aux Amérindiens par le nouveau directeur de la colonie Pierre Minuit, plus précisément au clan lenape des Manhattes[17] (ou Manates) du groupe Wappinger, pour l'équivalent de 60 florins néerlandais en verroterie et autres colifichets[18] (soit environs 700 € de valeur marchande actuelle[19] — et non pas 24 $[20]). Mais sachant que ces peuples n'avaient pas la notion de propriété foncière permanente, on peut s'interroger sur la portée du geste, ou son contexte.
Le 11 mai 1647, Pieter Stuyvesant fut nommé directeur-général de la colonie pour remplacer Willem Kieft, dont l'administration s'était attiré les foudres des colons depuis que les relations avec les autochtones avaient dégénéré en de violents affrontements durant les années 1640. Stuyvesant prôna une orthodoxie religieuse pour rétablir l'ordre dans sa colonie, en imposant des restrictions sur les mouvements et sur la consommation d'alcool, mais dans un climat très tendu, il n'obtint que la haine des habitants de sa colonie, alors que les Anglais devenaient de plus en plus pressants. En mars 1664, le roi Charles II d'Angleterre offrit virtuellement la totalité des Nouveaux-Pays-Bas à son frère, le Duc d'York. Les Anglais conquirent ainsi la colonie au cours de la même année, et un nouveau chapitre de l'histoire de la ville débuta, suite à l'échec des Néerlandais à retenir la colonie.
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